Deux pèlerins de l’âme cheminent aux confins de leurs pensées. Venus de terres que tout semble opposer, ils traversent les landes charbonneuses de leurs doutes pour rejoindre cette crête psychique où souffle un vent d’espoir. Ils s’y reposeront à peine.
Si ceci doit être un manifeste pour le crépuscule des mondes, qu’il soit grandiose, jonché par nos colères abyssales, maculé par nos espoirs trop longtemps étouffés. Qu’en percutant les consciences des masses, ces mots rallient ces sons en suspens qui s’extirpent avec douleur de batailles noyées de larmes et de sang.
Dans un dernier vertige tranquille, une énergie infaillible s’installe en nous. Le sommet approche et rien ne goûte davantage l’extase et la peur mêlées.
De ses griffes, il lacère les hésitations, de sa langue, il cautérise les doutes. Destructrice-guérisseuse, la bête évolue dans les landes opaques d’une chasse-gardée, abandonnée à la ferveur pulsatile de sa quête erratique.
Une étrange célébration unit au cœur d’une bâtisse de Zagreb les adeptes d’un culte occulte. Nemeček rappelle à l’impermanence de nos vies, dissiminées dans des landes voisines aux jonctions assassines : Croatie, Albanie, Serbie, Turquie … Les balkans et leurs embrasures personnifient un pan de leur sève dans une communion miraculeuse - Nemeček.