



The Age of Ephemerality
BRUIT ≤
Le fracas de nos résiliences
Si ceci doit être un manifeste pour le crépuscule des mondes, qu’il soit grandiose, jonché par nos colères abyssales, maculé par nos espoirs trop longtemps étouffés. Qu’en percutant les consciences des masses, ces mots rallient ces sons en suspens qui s’extirpent avec douleur de batailles noyées de larmes et de sang. Qu’en un vacarme expiatoire, nourri par les nostalgies d’hier, s’oblitère l’immonde monde de lendemains qui déchantent. Du champ de ruines ravagé par les guerres fratricides, la glaise encore fraîche sera remaniée, pétrie d’un amour que beaucoup croyaient oublié et qui frémit pourtant, suffocant et frêle, sous les strates d’oppression, de mensonges et d’exactions de nos royaumes moribonds.
Oblitérer le chaos, écorcher l’immoral, crever les cœurs d’encre des rois-pantins : voilà notre dessein. Nos armes seront nos doigts, nos archers, nos baguettes, qu’une sorcellerie électrique portera à dimension prophétique. Par-delà l’éphémère, tissons les partitions de nos mythologies contemporaines. Dans des valses enlacées et des tourbillons de larsens parasites, nous transfigurerons les certitudes et déliterons les totems aveuglants. Sous l’enchevêtrement de mélodies clandestines aux narratifs poétiques l’ogre informatique, Data mystique aux excroissances titanesques, sombrera étouffé dans ses mucosités algorithmiques. L’ampleur de la beauté se sera acharnée à le déstructurer, jusqu’au dernier octet.
La lutte semble impossible, et sera parsemée de terreurs ; pourtant, rien ne sera vain. Lorsque d'éclatants mensonges vous éblouiront, n’oubliez pas que le système est un menteur déguisé : Janus manipulateur, paradoxe sonnaillant. La progression est une régression, et il nous faudra aller par-delà l’exquis souvenir de rythmes en suspens pour que s’immisce dans le goliath capitaliste l’explosion d’une supernova sécessionniste. Une fois encore, l’éclat de la délivrance adviendra après une montée de soupirs chavirés.

Dans ces batailles de géants, l’action est le prix d’une liberté volée. Inlassablement, la sueur perlant de nos poings s’écrasera contre l’hydre technologique. Le souvenir des champs de blé fera bien brûler le flux mortifère des camisoles numériques qui rongent en déflagrations métalliques nos capacités à rêver, à créer, à être humain, tout simplement.
Alors que s’élèvent encore à nos oreilles sensibles les salves successives d'hymnes à la création d’intuitifs possibles, alors que retombent à peine les hargnes hoquetantes de tant de réalités cauchemardesques bravées, assiégées, surmontées, résonne enfin la grande symphonie de l’espoir. Dans un maelstrom à la beauté céleste, tous les chœurs vrombissent dans un éclat de même-clameur : le pouvoir aliénant a été écrasé. D’une révolution acoustique aux renflements éprouvants, naît un nouvel âge. Jusqu’à demain, peut-être. Et si tout était à refaire, nous nous rappellerons l’incroyable amour qui nous aura porté, jusqu’au dernier soupir, jusqu’à la dernière stance. Le fracas de nos résiliences.

