



Hématomancie
Léa Jacta Est
Un secret écrit en lettres de sang
Les astres sont-ils des êtres ? Sommes-nous toutes condamnées à devenir des automates ? Quel est ce secret si mystérieux que nos propres pensées ne semblent pas être un coffre assez sécurisé ? Tout en collage et en prose envoûtantes, la réponse se cache peut-être dans l'hématomancie...
Le craquement d'un lecteur de bande magnétique et le doux jingle d'un système d'exploitation depuis longtemps dépassé nous invitent à nous plonger dans un univers digne d'un rêve interdimensionnel. Les couleurs, textures et idéaux se mélangent, faisant naître des scènes de collages et d'assemblages qui auraient pu être réalisées par des mains enchantées, qui seraient à la tête d'une imagination aussi surréaliste que inspirée de faits réels.

Un cavalier chevauche fièrement dans des étendues de grains d'une pellicule périmée depuis des époques qui nous précèdent. Un labyrinthe de miroirs réfléchissants des visages transformés brille au clair d'une lune violette, éclairant un rituel de sorcellerie endiablé au rythme d'un trip hop féérique, loin d'une ville à l'odeur de cigarette où brûlent les polaroid de vies d'antan.
Un éclair révèle une silhouette divine, qui nous observait peut-être depuis notre arrivée : l'ange de la mort emporte avec lui les douces mélodies qui nous accompagnaient jusqu’alors, en faveur de voix distordues et de questions et réponses énigmatiques. Peut-être que ce savoir jusque-là dissimulé sera utile pour de futurs sortilèges...
De familières notes résonnent autour de nous, l'écran s'éteint soudainement, on revient à nous, accompagnés par de familières images : le courageux cavalier s'envole au galop dans les collines lointaines, la lune haute dans le ciel de nuit. Une sorcière ouvrant ses yeux aux reflets serpentins chante derrière nous, faisant siffler une mélodie que l'on reconnaît désormais, accompagnée du chant de sa guitare acoustique. Elle chante de roses et de courage, nous rappelant encore et encore une douce lamentation : "et je protégerai ce secret de moi-même”.


