



Autumnal Ache
Nearless
Sénescence des sens
Il foule un charnier de feuilles d'érables, mais le bruit matelassé de ses pas dans ce lit végétal le rassure. Les ombres chétives de la forêt l’enveloppent d’une douce sollicitude. Dans cet éclairage tamisé où ne filtrent que des rayons maladifs de lumière, il se libère un temps de ses pénombres, et laisse le bois d’automne percer l’écorce de son âme.
Le lyrisme incandescent de Nearless se passe de mots pour s’enquérir de cris. Retraçant en noires ombres les fêlures de son cœur, il ramasse avec une beauté désespérée les ultimes fragments d’une existence qui, bien souvent, n’a plus de sens. Lorsque le poids de la solitude le ramène implacablement à la légèreté de l’être aimé, parti depuis un printemps déjà enfoui dans l’amnésie du temps, il se souvient encore un peu de ce que la fatalité lui a dérobé.
« maybe I'll feel something
when the leaves start to fall
maybe I'll be someone
when it's not summer at all »
extrait de « Hollow Harvest »
Courbé dans un éternel automne qui le définit, l’englobe et le détruit, Nearless s’anime, s'enivre parfois, s’attriste souvent. Autumnal Ache est une douleur bien vivante enveloppée dans des feuilles qui, comme ce cœur dépérissant, s’affaissent, meurent et pourrissent en dedans.
Dans cette saison où la mélancolie est reine apparaissent les fantômes du passé et brûlent les sensations. Au détour de ce blackgaze mélancolique, les saisons se figent en de flamboyantes teintes qui annoncent le dernier des combats : accepter la perte, même si tout doit définitivement se clôre - et qu’advienne l’hiver, enfin.
« the world turns gold outside
I just stay the same »
extrait de « Winter sun »

