The One Who Propels

Gavran

The One Who Propels
Gavran
Date de sortie :
30 Jan 2026
Label :
dunk!records
,
Lieu :
Rotterdam
(
Pays-Bas
Pays-Bas
)
Chronique
Photo
Flo
February 9, 2026
The One Who Propels
Gavran
Date de sortie :
30 Jan 2026
Label :
dunk!records
,
Lieu :
Rotterdam
(
Pays-Bas
Pays-Bas
)

Ce silence où les rivières se rejoignent

En écume blanche, nos chagrins recouvrent ce bras d’existence où, sans destin évident, je continue de voguer. Prisonnier du regard des autres, j’ai le cœur sombre comme les plumes d’un corbeau. J’aspire à m’élever hors de cette prison du temps, d’aller au-delà de cette séparation grimée de colère, quelque part à l’ombre du vide, aux pieds de souvenirs réduits à néant.

Un murmure crié, et voici ce mur de distorsion qui s’élève par delà des flots insondables. Jamie Kobić (chant et guitare) est en le réceptacle, mais par delà son énergie interne vibre en harmonie tout un monde d’esprits contrariés. Trois autres créateurs densifient le cycle, et tous bruissent d’un même tourment. Sous les bienfaitrices amplitudes de Tim de Gieter (Doodseskader, ex-Amenra), The One Who Propels retient sa force entre des bras de triste douceur, pour mieux en affirmer l’intensité.

« Searching salvation
Depending
On an image
On an idea
Lost when devestated »

extrait de « Pogon »

Cinq titres s’écoulent, narrant avec l’éloquence de lointains rois déchus des tourbes d’émotions duales. Paix et fureur s'entrelacent continuellement, tentant de saisir l’indicible impermanence de nos vies, devenant le nécessaire flux du changement. Cette lumineuse paix maculée de cinglants chaos est retranscrite dans les profondeurs d’un doom-sludge qui s’impose dans de monumentales vibrations. Déchirant de dissonances fines des songes pourtant apaisés, le rêve devient cauchemar écrasant, et le poème aux claires voix mute en brûlot aux screams écorchés - pure aura de puissance.

« The good
Will not flower
In the sanctuaries
Of fury »

extrait de « Plutaju »

Maintes fois, l’embarcation tangue, chaloupe, se retourne presque, la coque éclatée par ses féroces réminiscences. Mais même dans ses plus dévastatrices colères (« Pogon »), la clarté et l’espoir percent toujours le bruit. Comme une nécessaire volonté de vivre, devenue d'autant plus évidente qu’elle est fragile, presque miraculeuse, la beauté advient. Alors, dans des titres-fleuves tels que « Plutaju », le mantra existentiel de Gavran prend des allures de conte universel : une histoire où le silence, par bonheur, triomphe enfin.