Divine Laughter

Cave Sermon

Divine Laughter
Cave Sermon
Date de sortie :
18 Jan 2024
Label :
Autoproduit
,
Lieu :
Melbourne
(
Australie
Australie
)
Chronique
Photo
Flo
03 July 2025
Divine Laughter
Cave Sermon
Date de sortie :
18 Jan 2024
Label :
Autoproduit
,
Lieu :
Melbourne
(
Australie
Australie
)

Pluies de solitudes

Dans ces vallées les plus désolées d’Océanie s’extirpent des formes végétatives qui rampent sous les strates accumulées par une éternité de défiances mystiques. Elles s’élancent dans des arcs électrisants de violence vainement réprimée, éclatent leurs concrétions larvaires et se dressent subitement en une grimaçante mouvante. Le lépidoptère déplie ses ailes nécrosées et déploie son sourire carnassier à l’adresse des cieux vénérés - l’entité est primitive, mais déjà répudiée.

La misanthropie est un délice créatif permettant la transmutation des afflictions individuelles en une dépossession artistique totale. Cave Sermon répond bien à cet appel du « seul », matérialisant ses cognitions nihilistes en une vaste partition picturale, empruntant autant à l’atmosphère noirâtre qu’au déluge atmosphérique fébrile, joignant dans une épopée aussi mélodique que furibonde une vision consacrée du Death Metal Progressif.

Derrière des morceaux-fleuves déployés avec une audace certaine (« The Paint of an Invader », « Divine Laughter »), les émotions se condensent, amples et noueuses, déchirent les turpitudes des sens dans une averse de fragments musicaux unis par un mastic mystique, enduits d’un verni au génie presque démesuré. Si le chant seul est confié à une tierce-entité (Miguel Méndez, par ailleurs brillant), c’est Charlie Park qui relie toutes les parcelles d’un territoire miraculeusement unifié. En encodant dans une suite d’élans violents à l’esthétique toujours sensible ses profuses partitions, l’auteur devient également multiple, et son acte dépasse les frontières de l’isolement.

Dans leurs suspensions Ambient ou leurs ponts Post-Metal, les tissages rythmiques de Park donnent toute l'homogénéité au déluge d’un riffing sauvage qui piétine la caverne inondée d’ombres et de lumières. Intenses et sommes, les titres se rejoignent dans leur diversité, avec une équité persistante qui s’exprime dans un but parfaitement calibré : peindre un torrent de solitude, avec les larmes d’un affolant talent.