



Even Light Decays
Aethervoid
Plaies astrales
Trois figures animées par des énergies élémentaires délivrent un message unitaire, celui d’un monde déchiré. Quatre tissus palpitent de leur étoffe rêche dans la grande cataracte céleste. 12 signes parachèvent l’entropique vision. Dans cette course écliptique au sens, la seule issue sera le chaos, l’irréductible néant.
Even Light Decays est un fracas noué dans les brasiers stellaires de nos mémoires. De ces quatre complaintes zodiacales, on retiendra l’efflorescence d’émotions contrastées qui oscillent finement entre un angoissant vacarme et un salut dans l’oubli, advenu par une grâce sonique.
Autour de mystiques mélodies et d’inextricables maillages dissonants, c’est tout un Black Metal qui étend ses progressives résonances, bien au-delà de son habituelle orthodoxie. L’alchimie des influences est palpable (death, doom, prog), et agrège en un seul et même son un nuancier d’épique chagrin, que beaucoup diront avant-gardiste. Les guitares de Jeff Grimal semblent ciselées dans d’archétypales grimaces et, soutenues par les halos presque psychédéliques de la basse de Benoît Gateuil, mettent en lumière la diversité vocale de Boris Doussy. Entre scream désespéré, spoken-word hanté et chœurs arachnéens, surgit une théâtralité grave et métamorphe qui lie les 4 titres en un seul conte symbolique à l’effroyable clarté. Dans ce ciel englouti, concept et compositions s'entrelacent avec une exigence pointue, et invitent l’auditeur à errer dans un rêve bouillonnant fait d’étirements atmosphériques, de lancinants souvenirs saturés d’épices et de libérations d’une rage primordiale. Le son un peu dru, comme sorti d’une boîte analogique figée dans une station lunaire abandonnée depuis des siècles, renvoie bien à cette sensation de gouffre imminent, de vortex qui lie l’externe à l’interne, dans un flux discontinu de luttes désespérées, de marmonnements fatidiques.
C’est un premier EP impressionnant et cohérent que délivre Aethervoid. Guidé par les flammes d’une folle introspection, Even Light Decays relie les traumas intimes aux symboliques les plus immatérielles. Flottant au-dehors de tout miasme humain, il palpite au rythme de l’univers altéré à chaque lame, recréé par chaque larme.

