



Witch Fever
+ City Dog
J’irai voler des fleurs sur vos tombes
Il s'approche, le fameux héros missionné pour nous punir. Sur la table, des fruits, un gâteau et du vin. Dans les jardins, il se laissera étourdir par nos fleurs. Nous deviendrons des fées quand il aura oublié la sorcière. Dans nos mains, les épines. Mais qui pourrait se méfier d’un bouquet de roses ?

City Dog

Une voiture cabossée à la peinture noire décrépie fonce à toute allure entre les maisons d’un quartier pavillonnaire d’habitude trop calme, un troupeau de chiens à sa poursuite. Le bitume chaud est harassant, l’air humide et le ciel boursouflé de nuages épais. Les maisons défilent à travers les vitres, une basse lourde et fuzzante fait trembler l’habitacle de toute part. Le vieux poste peine à cracher toute la hargne de City Dog, saturant tout sur son passage. Une fougueuse démonstration de niaque et de punk anglais dans toute sa pesanteur : avec la bave aux lèvres, mais toujours l’œil vif et la truffe humide. Les canidés aboient fort, leurs mâchoires claquent et laissent des traces de dents sur la rouille de la carrosserie qui les devance. Après un dernier virage serré sur « Burn the Witch », la voiture freine dans un crissement massif, la cohorte toujours à sa poursuite, pour finalement s'arrêter devant un bûcher improvisé.
Witch Fever

De la voiture encore fumante émergent avec fièvre ses quatre occupantes, prêtes à en découdre, à entamer tous les débordements. Les chiens, maintenant rassemblés, observent la scène la langue pendante, avant d’emboîter le pas de leurs maîtresses au-devant de la foule sidérée. Dans ce crépuscule naissant, des bidons en feu disposés autour de l’édifice de bois éclairent les clous acérés et les chaînes qui enlacent nos libératrices. Leurs barres de fer frottent le sol, alors que l’assemblée s’écarte sur leur passage. Elles écrasent déjà, à grands coups de semelles compensées, les jugulaires des plus téméraires. Witch Fever délivre le chaos et le sang sur cet autel devenu apothéose, avec toute l’impertinence et la rage qu’on leur connaît si bien. De la désinvolture à la férocité, avant de repasser délicatement le fouet sur nos peaux meurtries, personne ne peut rester insensible ou immobile devant cette effusion de splendeur. Des mélodies tout en émouvance restent en suspens, se glissent vers le ciel et s'envolent avant que le pied-de-biche ne s’abatte à nouveau sur nos fronts offerts, lourd, terrible et pourtant si émancipateur. Leur dernier album FEVEREATEN, sorti le jour d’Halloween, en est le manifeste ce soir. Une ode de doom et de punk pour nous délivrer de toute cette colère, que nous obtenions enfin ce pouvoir que l’on n’avait pas auparavant : celui de détruire un bûcher qui nous était destiné, édifié par l’oppression et l’autorité.
- DEAD TO ME!
- NORTHSTAR
- THE GARDEN
- AMBER
- Blessed Be Thy
- Congregation
- Reincarnate
- SAFE
- FEVEREATEN
- DRANK THE SAP
- BURN TO HIT
- I Reflect The Sun, It Bounces Back
- REPRISE
- I SEE IT
- My Own Summer (Shove It) - Deftones cover





















