



Thy Catafalque
+ Toward The Throne + Bong-Ra
Entre chien et loup
Habits de gris dans la nuit tombante, des canines brillantes percent mes yeux dans le noir. Les bêtes dansent autour de moi. Elles me toisent, bavent et grognent. Mes appels à l’aide en ont attiré d’autres. Je finirai bien par m’endormir, dépossédé des quelques morceaux qu’elles convoitent en me reniflant passionnément.

Toward The Throne
Un geyser de death metal, battu par les ailes noires de Toward the Throne, nous rince de ses gouttes brûlantes. Entre le rêve lucide et le cauchemar éveillé, le voyage oscille de la passion contemplative à l’ardence flamboyante. Le black metal insuffle le corvidé qui se déploie devant nous, sa couleur est sombre et nacrée. Le battement de ses ailes, rapide et intense, s’accorde avec l’émotion de son envol. Ou se pourrait-il qu’il soit en train de s’abattre sur nous ? Avant d’avoir quitté notre rêverie, ses serres se déposent sur nos yeux ronds et scintillants, dans une dernière contemplation de son envergure.
Bong-Ra
Après l’envolée, Bong-Ra délivre la poisse et la fièvre. La moiteur s'accroche, un épais liquide visqueux se met à couler sur nous. Il nous colle au sol, nous pesons maintenant des tonnes. Les morceaux s'enchaînent dans cette torpeur, comme si une migraine pulsante nous martelait le crâne de rythmiques répétitives et accablantes. La viscosité de ces clameurs et suffocations altère notre sanité, laisse nos âmes et nos corps dans un état avancé d’insalubrité morbide.
Thy Catafalque
Thy Catafalque répond à l'appel pour une première fois dans la capitale, tout aussi bucolique que féroce. Le rituel se déroule au rythme des battements tranchants de cordes aiguisées, et des accents impétueux d’un chœur aux harmonies cabalistiques. Le geste est maîtrisé, accompli dans la souplesse et l’aisance de l’expérience. Une couronne de ronces et de fleurs mortes est déposée sur nos têtes. Dans cette forêt ancienne aux tons de gris, les feuilles glissent entre nos mains à mesure que nous découvrons des chemins tracés par une vie sauvage et nocturne. Nous sommes guidés avec ferveur et enthousiasme, dans une agitation proche de l’exaltation. Des mains se déposent sur nos épaules avant qu'un chêne massif, monumental, ne se penche sur nous. La chaleur primitive de vapeurs de goudron et de résine nous brûle les narines, la fumée devient opaque. Des flammes entourent ceux qui sont réunis pour célébrer notre départ. Dans l’arbre, le passage.
































