



Rock In Bourlon - Jour 2
Teigne + Mortal Scepter + Tons + Stress Position + Xiao + Witch Fever + Bombardement + Poison Ruïn + Denial Of Life + Conjurer + Frontierer + Conan + Cryptic Shift + BRUIT ≤
Le rêve éveillé se poursuit, oscillant entre terreur nocturne et paysage onirique. Les explorateur·ices de l'ombre retrouvent la scène du Paon, guidés par les grondements de Teigne qui s’élèvent sur la scène et renouent avec ce qui est désormais leur quotidien. Cette deuxième journée ouvre de nouvelles brèches où Punk, Hardcore, Sludge et Death se répondent dans une même déflagration. L’engouement est palpable et le public se prépare à franchir de nouveaux paliers de saturation…
Teigne
Teigne ouvre l’après-midi en rongeant nos crânes qui cuisent sous un soleil brûlant. La vermine qui s’insinue fait palpiter corps et cervelles, les démangeaisons deviennent insoutenables et poussent à la gesticulation. Une prestation viscérale et étouffante, qui annonce parfaitement ce à quoi va ressembler cette deuxième journée.
Mortal Scepter
Mortal Scepter fait souffler les vents du Nord avec fracas. Les Dunkerquois, à fleur de nerfs, déchaînent un thrash metal old school aussi féroce qu'incisif. Attention, cadence infernale imposée !
Tons
Voix abrasive et chemise bariolée - Tons exhale un nuage de poussière aux reflets verdâtres. Autour du quatuor italien tourbillonne une fumée polychrome dont les cendres retombent lentement, alourdies par l'étreinte d'un doom acide. Chaque son vient épaissir l'atmosphère, jusqu'à ce que l'air devienne une matière dense et hallucinée...
Stress Position
Porté par une chanteuse à l'énergie sauvage et à l’engagement furieux, Stress Position laboure le terrain à coup de punk hardcore enragé. Un cri de guerre pour une lutte en perpétuelle ébullition.
Xiao
Des turbines cognent et la fumée noire s’épaissit. Xiao délivre la férocité d’une machine apocalyptique et increvable. La tôle se plie, grince sous les coups incessants des pistons de ce moteur aux grognements terrifiants. Une mécanique thermique parfaitement exécutée.
Witch Fever
Le doom punk de Witch Fever infuse sur l’Abreuvoir d’une énergie bouillonnante, vivace et virulente. Sur scène, le groupe mancunien revendique une liberté qui ne se mendie pas, mais s’arrache à coups de regards tranchants, sans jamais craindre de confronter le monde. Dans une nonchalance maîtrisée, les guitares forment un mur de riffs lourds qui s’épaissit jusqu’à devenir un rempart sonore capable de briser les chaînes invisibles du patriarcat, rendant leur voix aux oubliées de l’Histoire et libérant toutes celles que l’on a condamné au silence. Une instrumentation inquiétante et mouvementée fait agiter nos cellules les plus traumatisées comme pour exorciser un fardeau ancien. Le poids de la domination se fissure, et de ses décombres se forge une peau neuve, plus épaisse, plus libre et toujours plus indocile.
Bombardement
Missile venu de Bordeaux, Bombardement prend d’assaut le Paon à la force d’un D-Beat colérique. Sous le tumulte affleure une urgence brûlante, comme une sirène hurlant au cœur du vacarme.
Poison Ruïn
Poison Ruïn distille une substance sombre qui s’infiltre dans tous les capillaires, se faufile profondément dans nos organismes. Les vestiges de l’affrontement sont abandonnés à la nature. Du venin coule encore le long de pierres recouvertes de mousse.
Denial Of Life
Retour en terres hostiles. Denial of Life ravive les braises d'un crossover old school, intense et agressif. Une déflagration sans fard, d'où jaillit une énergie fédératrice.
Conjurer
La terre et la roche sont décapées par la musicalité abrasive de Conjurer. Un spectacle de désolation aussi magnifique que stupéfiant. Une affliction émotionnelle nous traverse, nécessaire et addictive. L’air épais colle à la peau en cette fin d’après-midi, où une douce terreur se mêle à la moiteur ambiante.
Frontierer
Frontierer remet un coup de chaud au chalumeau pour ne pas laisser tiédir nos carcasses haletantes. Des tranches méthodiques de pesanteur rythmique sont assénées sans concession ni accalmie, pour notre plus grand plaisir.
Conan
Conan entre sur le champ de bataille. En maître des lieux, le trio impose une lourdeur primitive. Une violence lente, inexorable s’empare de la foule, telle une marée sombre dont la progression silencieuse annonce déjà le carnage...
Cryptic Shift
Cryptic Shift emprunte les chemins les plus sinueux pour délivrer un univers aussi riche que chaotique. A la croisée du death et du thrash, le groupe livre une performance exigeante et complexe.
BRUIT ≤
Les images délirantes d’un monde qui nous échappe défilent tel un éternel running gag terrifiant, nous rappelant la fin tragique qui nous attend. La performance incandescente de BRUIT ≤ réécrit la dramaturgie de la vie avec les mots de celles et ceux qui n’ont pas connu de langage et s’infiltre dans le code pour y semer le trouble. Une sombre symphonie mélancolique qui tente de nous libérer des chaînes algorithmiques qui envahissent nos espaces les plus intimes. Dans le post-rock du quatuor toulousain, l’horizon semble infini, les corps sans contour et dissociés se confondent et se joignent en une symbiose unique et transcendante. L’espace se transforme sous nos yeux effarés. Nous écoutons exhumer nos peines les plus ordinaires. Sous l’éclair qui terrasse, tout s’assemble. La colère gronde. Puis tout s’éteint. Le vide laisse place au vacarme des cieux illuminés. Nous quittons la scène de l’Abreuvoir prématurément, avec une pièce inachevée dont chacun et chacune pourra tenter d’écrire la suite.





























































































































