



Miserere Luminis
+ Decline of the I + Détresse
Sépulture générale
Une seule ne fleurissait jamais. La froideur de cette tombe malade tranchait toutes les plantes qui l’entouraient. Aucune racine ne s’aventurait sur la pierre râpeuse et sombre de cette demeure viciée. Elle portait en elle le fardeau qu’on lui avait confié. Même dans la mort, certaines douleurs nécessitent de rester emprisonnées.

Détresse
Dans une dernière Détresse, les cloches sonnent la mise en terre avec dissonance et frénétisme. Le vaisseau d’infortune, gravé d’une calligraphie qui saigne, sent déjà fort la pourriture et la pousssière. Du bois de mauvaise qualité pour une âme tout aussi délabrée. Sous la peau, il n’y a même plus d’os à ronger : ils pendent déjà aux cuisses des agitateurs.
Decline of the I
Les statues pleurent sous l’orage. Elles hurlent à la mort sous un ciel chargé de nuages compacts et lourds. Les murmures derrière les tombes s’intensifient. Decline of the I ne cesse de faire monter cette clameur à réveiller les morts. Les basses tripales des doubles pédales, acharnées et ténébreuses, nous saisissent le ventre. La terreur côtoie la stupeur, nos yeux s’écarquillent. Les traits se tirent et se figent pour toujours quand trois gargouilles se mettent à hurler à l'unisson.
Miserere Luminis
Les derniers passeurs montent sur scène. Ils viennent pour guider les âmes qui s’élèvent vers les flammes et la sidération. Miserere Luminis nous déploie toute l’étendue de sa mélancolie, la déverse abondamment dans des morceaux qui accablent et obsèdent. Un chapelet de fardeaux précieux, brutal mais tout aussi fragile et sensible. Les larmes coulent sur les corps des inanimés, dépêchés de se quitter une nouvelle fois pour ce voyage. Davantage terrassées par ce bouleversement émotionnel, nos âmes se bousculent sur cet autel de passion enflammée. Ce sera le dernier endroit où nous pourrons trouver refuge avant le néant.

































