



Frozen night 2
Urge + Sure + Trait d'union
Vague frigorifique et procession funéraire
Avec le douzième coup de minuit, 22 flocons s'écrasent sur les pages de mon carnet, dont je noircis les feuilles maintenant à chacune de ces nuits singulières. La vague de froid lance ses bras tentaculaires jusqu'aux confins de Nantes : nichée au milieu des murs métalliques de géants aux regards glaçants, une petite assemblée s'apprête à confondre ses essences avec le vent qui lentement gèle ses poumons.
Urge
Des bruits de pas tranchent un silence pesant. Les 5 figures qui se dressent devant nous appellent à de durs souvenirs: le son des guitares se réverbère comme piégé entre des immeubles par une nuit froide d'automne. Les voix se perdent dans une reverb éthérée, leurs derniers éclats scintillant comme les étoiles dans le ciel de cette nuit gelée. Urge conquis son public dans une dense vague de givre, la première d'une succession qui bientôt surplombera cette soirée.
Sure
À travers le glacier, un grondement se fait entendre. Le battement au cœur de la musique de Sure fait vibrer le huis clos dans lequel nous sommes rassemblés. Les corps ondulent avec chaque impact, lentement le dégel s’impose et laisse place à une hypnotique transe qui fera monter la température. Au fil des pas de danse, les âmes s'animent, dans une parfois furieuse, parfois mélancolique exaltation, jusqu'à ce que le rideau tombe à nouveau à l'arrêt du cœur, maître jusqu'alors du rythme de la soirée.
Trait d'union
De cette procession glaciaire, les derniers pèlerins portent un étrange assemblage de pièces métalliques, toutes teintées d'une singulière teinte de violet. Pendant leur performance d'adieu à cette machine atypique, on reconnaît leur leader, scandant la rage et le désespoir émanant des murs d'une ville morose. Derrière lui, trois figures inconnues jusque-là prennent place. Trait d'union est connu pour ses métamorphoses animalières et cette fois-ci, d'étranges oiseaux nocturnes prennent leur envol et remplace les chiens errants. Ce seront des chauves-souris aux manteaux violets qui feront rugir des amplificateurs fumants dans l'air maintenant bouillant de la salle de concert. Les paroles se lient aux esprits, qui lient les corps : toustes ne font qu'un ; pendant un instant, le caniveau est aussi près que les étoiles. Quand la foule se disperse, les esprits s'apaisent, seul reste le silence de l'asphalte et une étrange odeur de petrichor. On nous laisse avec comme seule compagnie le vide laissé par le groupe face à une abstraite affirmation : le béton est bien plus froid ici.





























