



Deliverance + Nature Morte
+ Ætheria Conscientia
Pleures du vide
Des cris résonnent encore contre la paroi froide, lointains mais persistants. La couche de glace qui tapisse l’eau noire retiendra encore longtemps toute cette obscurité, ne laissant rien s’échapper avant la prochaine saison. Ils ont sombré depuis trop longtemps maintenant pour être encore en vie, encore entiers. Les appels au secours qui ont été emprisonnés avec eux tentent toujours de se frayer un chemin vers la surface. Ils n'ont eu pour seul utilité que d'avoir offert leurs carcasses à grignoter à quelques poissons affamés.

Ætheria Conscientia
Depuis les astres, descendent en rappel Ætheria Conscientia, tout d’incandescence et d’exaltation. Ils sont venus raconter leur voyage et ses aspérités : les boursouflures d’un changement d’atmosphère trop brutal, les traumatismes d’une pression assez forte pour briser toute matière, ou les découvertes qui remettent en question tout ce que l’on savait de la biologie et du vivant. Rudement fascinant, le porte-parole gesticule de part et d’autre de la scène, hurle à s’en ouvrir la poitrine, comme si l’attente de tout raconter avait été trop longue. Dans cette allégresse, un saxophone se déploie et tisse des liens savoureux dans le témoignage épique qui nous est offert. Une transmission qui devient une tradition orale et musicale composite, à partager et à consommer durablement.
Nature Morte
Les courbures de la lumière dévoilent les ombres de Nature Morte, cerclées de chrome et de fumée. Bien décidés à nous étreindre d’une émotion aussi palpitante que bouleversante, ils prodiguent cette délicatesse furieuse qui leur est somptueusement caractéristique. Le gaz que traversent les faisceaux lumineux est si épais que leurs rayonnements découpent inlassablement la salle, comme l'évocation d'une douleur vive et lancinante, comme un rappel de ce dernier album délivré pour nous écorcher davantage le cœur. Le muscle est gratté par toute cette âpreté, enrobée d’une tendresse glaçante, avant d’être renfermé dans nos cages thoraciques toujours offertes.
Deliverance
Deliverance vient délivrer son dernier-né, pesant et énigmatique. Titubent les pantins poussés par la bête qui s’avance à grands pas grandiloquents. Le plat nous est servi par des formes aux masques à la grimace souriante. La pâte qui le compose est façonnée maniaquement, pétrie dans les gesticulations, imprégnée par ces tourbières qui recouvrent des synthétiseurs détrempés. Ils ont imbibé la mélasse de sludge et de malice. La préparation éclabousse et se répand. Les yeux derrière le masque cherchent les plus gourmands de l’assemblée pour les resservir. Panache excentrique et férocité surprenante, s’achève la mangerie quand les ventres sont trop tirés et les yeux révulsés : la délivrance après la pitance.































