



Plus là
Yesbill
Une vibrante solitude
Je … euh … Je m’effrite un peu plus. Là, tandis que je te parle, des bouts de moi s’en sont allés. Où ça ? Vers des bouts meilleurs d’autres moi. De toi, à l’évidence.
Toi qui es prêt à affronter plus de batailles que j’en connaîtrai dans mon rude rêve de vaine vie, je te laisse mon bloc-notes de belles notes. C’est un agencement d’arrangements folkloriques à portée pataphysique. Tu y liras, griffonné à l’encre de méninges qui ne s’arrêtent pas, un « Plus là » qui, je l’espère, saura t'indiquer, par sa présence, mon absence.
À travers quelques parcelles de timbres vocodés, tu te remémoreras, je l’espère, le spleen de ma chambre cloîtrée, ce lieu d’extrapolation instrumentale évoquant autant Forever Pavot que le slack de folkeux miteux qui, d’est en ouest, restent visiblement bien loin de mes pleurs tièdes. Ici, dans un coin des tracks, une guitare craque. Elle est sabrée par des percussions malingres. Au milieu d’arpèges antiques, des glitch serviles désertent la piste où s’entassent en pelures d’oignon autant de bouts de ma seule résistance.
Tu sentiras peut-être, imprimé en fin de piste, alors que les lights reviennent inonder l’habitation déprimée, que je fais quand même partie de ces grands rêveurs des mondes entrelacés. D’amples scènes de films mythiques défilent dans mon corps de cordes qui s’est jadis animé de chaude façon - façon Lynch trituré par un club latino déstructuré. Alors, tu réussiras peut-être à me comprendre, pire, à m’apprendre. Et tu porteras alors en toi mon sommeil, mes pluies de mélodies discrètes et amoureuses. En un sens, en m’incarnant en sons songeurs, tu nous réveilleras - ma vibrante solitude, et tous ces bouts de moi.

