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Noor
Yamila
Parle-moi des prairies, des forêts et des lacs étincelants
J’ai trouvé refuge loin des hommes. J’essaye de laisser, sous mes pieds nus dans l’herbe fraîche, tout ce qui a jadis fait de moi une humaine. Fragile illusion. Dans cette solitude vibrante, je retrouve ma voix, et cherche ma voie. Face à la nature sauvage, je ferme un long instant mes paupières, et me baigne de toute sa lumière.
De l’étreinte végétale jusqu’au vide, la tessiture de Noor tend son témoignage tenu et tempétueux vers un dôme de riche verdure. La nature est la muse que dépeint avec une pudeur majestueuse Yamila Ríos, et qui par ses allures de féérie vibrante renvoie aux premiers sons de l’humanité - à un temps où le dialogue de l’amour nous liait davantage que celui de l’individualisme. Le son, ici plus sensible et épuré encore que sur Visions (2022), devient un réel matériau historique, une piste holistique d’un ésotérisme du vivant enfin retrouvé, encodé dans une matrice organique aux pulsations vénérables - vulnérables aussi.
Cette ôde aux murmures et aux bruissements silencieux de nos terres ancestrales s’entend et se ressent comme une longue marche contemplative à travers l’orée de bois baignés d’aurore. Portées par les cordes de Echo Collective, les boucles tonales et minimalistes de Yamila poussent l’épure esthétique à un niveau singulier de raffinement sonore. Dans sa matière façonnée avec une fébrile spontanéité, chaque morceau se fait vibration folklorique, symphonie post-moderne d’une pensée-son anémiste et richement incarnée. Amples et parfois cousus d’anciennes trames électroniques (« Lo animal »), les moments de grâce adviennent aux cimes d'élégants renflements classiques (« Ascensión », « Prado »). Dans ce tableau biosynthétique, la polyphonie et les harmoniques de Yamila brodent finement le matelas instrumental de modulations célestes (« If you », « Vida »).
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En réenchantant ce qui nous entoure mais que nous oublions souvent de percevoir dans notre futile humanité, c’est avec une grandiose humilité que Yamila perfectionne sa plastie musicale. En se servant avec une grâce candide mais profonde de ses révélations intimes, elle porte ses voix hypnotiques sur des partitions à la beauté universelle, et nous rappelle qu’au delà des époques, des espaces et des espèces, et avec la nature comme ferment, le son est la matière de tout dialogue entre les êtres, surtout des inaudibles.

