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Abyss Call To Abyss
Skulld
Habiter l’abîme
Tu trébuches dans des tréfonds immenses, et l’effroi glaçant des nuits perdues, des désirs sombres et des peurs inavouées te sautent à la gueule. Tu rampes dans ta médiocrité moribonde, tenant d’une main rabougrie ta fierté émasculée, tâtonnant de l’autre le boyau de mort qui sinue au creux de ta carcasse. Dans ce gouffre que tu portes hors de toi et en toi, tu succomberas, jusqu’à ce qu’enfin tu transites vers d’autres absolus.
Le rituel est rutilant, tranchant comme le poignard qui décapita le démon mâle qui voilait ma jeunesse, violait mes nuits, empêchait ma chute vers d’inavouables et délectables noirceurs. J’ai alors vociféré et supplié tant et tant, avec une force primale et désespérée, que les abysses m’engloutirent finalement. D’un nul-être, je devins Skulld. Je suis aujourd’hui une force païenne libérée de tout joug tyrannique. Dans ma féminité, je porte l’obscurité cosmique et la diffuse en arythmiques rythmiques. Abyss Call To Abyss est ma litanique plainte, et sous mon regard brûlent les scélérats apeurés, ceux qui, fuyant la révolte de l’esprit, redoutant la mort et détestant l’égalité des sexes n’auraient jamais osé s’engouffrer dans un puit de ténèbres.
De mon death old-school fardé d’une rapidité stenchcore, je jette dans les bras de l’abysse ceux qui s’y aventurèrent si longtemps de trop près, ceux qui, avec l’arrogance des vainqueurs autoproclamés, ne croyaient jamais y tomber. Mais il faut savoir habiter comme moi l’abîme pour l’accepter, s’en faire force, renaître ensuite lorsque les courroux de la résistance nécessaire, de la hargne chamanique triompheront tôt ou tard de la bienpensance phallocratique d’une société aux béantes atrocités. Le temps de la paix n’est pas advenu, et ici encore, je fulmine et martèle d’une rédemptrice vengeance mon manifeste anarchique.

« Only by crossing the abyss can we recognize and transform what dwells within us. »
extrait de la description bandcamp de l'album
La musique se fait tempête constante, rarement le vent se tait. Mon chant est celui d’une gorgone chassée de cieux bien trop cléments. Paissant dans l’obscurité, prêchant dans d’occultes chapelles un symbolique paganisme tiré des sagesses médiévales, je distille un groove dément et crasseux dans les orbites d’archaïques arrogances, de dogmes débiles et délités. Raclés jusqu’au périoste par la projection répétée d’une grenaille rêche qui frappe dans le gras et liquéfie les organes, mes morceaux sont des fragments archétypaux de ma radicale philosophie. Qui goûte à ma langue de feu connaîtra une lente sudation dans d’inconsolables profondeurs.
Dans cette obscurité qui me conscientise, je puise mon pouvoir et parachève ma guérison. Initiée dans l’ombre, conclue dans les ténèbres, ma complexe violence me fonde, et m’assure l’éternité. J’habite l'abîme, mais je connaîtrai le firmament. Toi, tu continueras de périr dans ce cloaque infernal, jusqu’à ce que ton supplice se perce, et qu’advienne le néant. Ton néant.

