



Fire Blades From The Tomb
Ponte Del Diavolo
Forage métamorphique
Dans une cavité karstique s’est conglomérée un amas de colères primordiales. Les violences accumulées ont bâti une arche de haine, un témoin des malheurs stratifiés d’une Humanité damnée depuis son improbable expulsion foetale.
Pour défier le destin bien scellé de l’occultisme musical, il fallait d'abord réprouver la menace fondamentale et incontournable du Doom Metal, puis en extirper des sédiments bestiaux aux imprécations ouvertement malignes. Les italiens Ponte Del Diavolo usent pertinemment (et intelligemment) des forces conjuguées d’influences multiples pour cracher une homélie profane à travers sept gisements liés par une même obscurité. Entre italien et anglais, le chant hypnotique d’Erba s'immisce dans nos tempes creusées par une fièvre païenne, et s’avère vite entêtant, comme sur ce majestueux final de « Covenant ».
Déliant du post-punk ou de la Darkwave et s'abandonnant-même dans de gouleyantes salves d’un Black Metal sépulcral (l’ambitieux « La razza »), l’épaisseur instrumentale -entre autre singulièrement fournie par deux bassistes- finit d'ériger ce pont diabolique, reliant deux mondes mondes : la torpeur et la hargne, pétrifiés dans un très bel éclat ritualiste.

