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Keep Them at a Distance
Miasme
Rôdeur Reminiscent
Des silhouettes se meuvent en Basse-Silésie. Leur monstruosité suinte à mesure qu’elles s’acheminent entre les ruelles, leur souffle abrasif glissant sur les pavés, s’insinuant sous les plinthes pourries. Je m’étais protégé de la souillure ,dix ans durant. Aujourd’hui, le mal m’éternue de nouveau à l’âme.
Depuis la forteresse cristalline de mon logement, j’incube une féroce maladie. Portée par un long exil, elle fait renaître en moi mes vieilles conditions. Le miasme veille, et se réveille. Les épaisses tranches de silence confèrent à mon cri de foi l’effroi de ma frêle condition. En relent rose pâle, comme sur cet artwork à la beauté picturale où errent des rôdeurs solitaires, une aigre épopée existentielle me lie à mon œuvre. Keep them at a Distance conjure mes anciens démons, appelle mes prochaines frénésies, immole mes peurs sur le bûchers de six titres créés avec le même amour martelé pour un Post-Metal laineux et enivrant, que jonche une violence Black Metal et anime un Doom Psychédélique au groove infectieux.
« Build a wall to shield me from all being
Let nothing pass, block out the light and sound
To give myself an impression of safety
A moment of blissful stupor »
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Mon corps immobile sert de décor à une immatérielle bataille qui éclate en moi : la titanesque et racinaire « Radiant Fortress » s’érode sur un appel du passé, « Old Father » et son masque décharné de putride attachement. « Wind-Up Bird » ranime les couleurs de rêves délavés par le temps, puis s’articule le malaisant « Blackout » qui, de torsions de guitares aux angles bariolés en progressions sténographiques, s’anéantit dans la violence de ses propres blast-beats - ou est-ce mon coeur martelant sa poussée de fièvre ? « Arms of the Sun » saisit par l’envergure de son crescendo qui, d’une fange doom orientale, s’élève en secousses itératives vers un splendide final où l’astre, enfin, abrègera mes souffrances, m’engloutissant dans un dernier growl vertigineux. Mais derrière le masque de la mort, d’autres silhouettes rodent. Hantant des landes de brouillard, elles ne me laisseront aucune issue.« Shapes in the Fog » complète l’incubation maligne, dans un dernier déluge d’ingénieuses rythmiques à l’angoisse somnambule, à la frayeur délayée en strates quasi-palpables de sons agrégés en souvenirs doux-amers. Comme sur « Old Father » des paroles hindi surgissent et clôturent la scène, énigmatiquement.
« Try to recall my past, it feels unreal »
Une grande chose m’est arrivée : le miasme m’a de nouveau absorbé dans sa miroitante totalité. Enivrant, tenace, irréductible, Keep Them at a Distance est ma plus âpre mutation : celle d’une vie réminiscente, belle et luxuriante, querelleuse et instable, insaisissable à jamais.

