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Nåværende Lys
Ingrina
Nåværende Lys
Ingrina
Autour brûle la vie
Fracas terrestres, frénésies célestes. Le temps se tend, les éléments fusionnent et forment un cocon ou un millier d’existences pulluleront sur les ruines de notre monde. Les braises sont un foyer fertile, et les flammes poussent à l’osmose. Autour brûle la vie.
Cette vie qui pulse, grouille et se répand en profusions étranges hors du corps plié d’Ingrina, c’est celle de Nåværende Lys. Par mille chatoiements de lumières chaudes, l’hôte-créateur a trouvé un moyen de pérenniser sa descendance. Immergés dans des feux dévorants, les fils engendrés n’auront aucun souvenir du père, aucun instinct séculier, aucune attente vaine. Guidés par la seule puissance de leur aura, ils seront, simplement. Le père seul se souviendra des meurtrissures passées, des cycles ininterrompus de calamités primordiales et de cataclysmes moléculaires qui auront permis de survivre, pour qu’ils puissent vivre.
Ici, ils sont six, mais là bas, résonnent d’infinies voix, d'innombrables formes, car dans la multitude des pairs, ils ne sont finalement qu’un. Un même souffle brûlant les habite - un souffle de délivrance advenue. Noué dans les tréfonds de rythmiques tourmentées, bordé de respirations diaphanes, de renflements colossaux, il est une symphonie de la matière, des mondes en devenir. La fureur du post-metal se mêle à des circonvolutions psychédéliques, et la poigne huileuse du sludge gesticule et glisse sous le romantisme de mélodies spectrales. Empreints d’un lyrisme éclatant, « Time » et « Loossen » tissent une histoire fracassante, retorse et admirable, à peine hantée par les mémoires déchues de voix humaines. L’Homme, reflet pâle au royaume en cendres, n’est qu’une ombre, un murmure, une légende - et c’est pourtant lui, le père, Ingrina.
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Sur « Grips », le vertige mélodique s'accroît, prêt à parachever le nouveau peuplement de ces terres sèches à conquérir, qui se sont pourtant abreuvées des larmes d’Ingrina - de la joie, et un chagrin sans fond. Derrière ses graves machinations synthwave, « Laws » ne laisse planer que peu de mystère : ce monde en reconstruction cellulaire finira par s’accumuler obscènement, jusqu’à s’écraser aux frontières de sa propre extinction. « And the Deadly Frontiers » comprime la moelle psychique, se charge d’ions électriques et termine, convulsif, dans un wall of noise ambivalent : le magnifique voyage de Nåværende Lys était-il une sérénade à la création, ou un psaume pour une nouvelle extinction

