TÄKOMĀ

Gondhawa

TÄKOMĀ
Gondhawa
Date de sortie :
30 Jan 2026
Label :
Le Cèpe Records
,
Lieu :
Angers
(
France
France
)
Chronique
Photo
Flo
March 21, 2026
TÄKOMĀ
Gondhawa
Date de sortie :
30 Jan 2026
Label :
Le Cèpe Records
,
Lieu :
Angers
(
France
France
)

Le désert est servi

La carte est si vieille qu’on y voit à peine les dix oasis scintiller dans l’ocre délavé des écritures recourbées, dont l’encre a depuis dieu sait quand, été absorbée par ce papier effrité. Mystères d’orient, lisières d’antan, le vieux père ne m’a pas mené dans ce grenier poussiéreux pour n’être poli qu’avec les araignées. Sous cette trame se noue un drame à l’éclatant enchantement.

(paroles d’aïeul) « Jeune combattant pour la sève de la vie, j’avais jadis voyagé aux côtés du plus fantasque des guides, Gondhawa, cette ombre-lumière qui distillait avec sagacité ses expérimentations. Avec la pugnacité d’une fourmi coupe-feuilles, il avait assimilé l’originel Käampâla (2021) pour mettre-bas un nouveau diadème de folle sagesse, TÄKOMĀ (2026). C’est donc cet hôte peu rétif aux plus étranges défigurations qui me transporta dans un drôle de désert subsaharien. Là bas s’égrènèrent comme les baies du calebassier dix oasis fertiles. C'est dans ces lieux où, initié aux arts tribaux et aux idiomes ancestraux, je créai ma propre langue, polissant ma quête acoustique, cheminant vers ma destinée.

Labyrinthique, pléthorique, extatique, la microtonalité de ces entités appelait à tous les superlatifs. Dans des bulles au psychédélisme implosif, des territoires complexes s’agençaient. Gondhawa en créait les contours, avec une malice débridée qui émancipait les continents et les temps, afin de démouler ce gros groove gracieux qui traversa toute notre odyssée. De ses voix chamaniques aux innombrables bifurcations langagières - Gondhawa maîtrisait l’art choral de la multiplicité -, TÄKOMĀ me mena de meilleur et mieux que meilleur. Des punchs microtonaux « Takameyo »/« Sayarha »/« Hossora ! » aux espiègleries « Wha Ghena Ghenno »/« Thuaraï »/« Eywa », du contemplatif et ample « Olele Koko » à l’ombrageux « Dioko Saïko » en n’oubliant pas la lente transe « Banou Leï », difficile de reprendre son souffle. La tempête faisait rage en nous-mêmes, elle invoquait les déferlantes de King Gizzard rappelait les sidérations linguistico-hallucinogènes de Magma et le prog dansant de Focus. Non loin, le blues touareg (appelé Tishoumaren) à la Tinariwen et Mdou Moctar résonnait, frelaté à la bière trad sud-asiatique. Dans les flots expérientiels de ce désert peuplé d’incandescents contes tribaux, l’ombre de La Jungle finissait de ravir mes sens. Quelle cadence, quelle narration !

Alors pourquoi ce voyage parmi ces dix oasis reculées, délurées, emmurées dans leurs magiques vibrations spirituelles ? C’est que, au fond de moi, ce que Gondhawa me dévoila, je le cherchais depuis toujours : partager, vibrer, vivre sans frise du temps, sans barbelés. S’unir dans une dernière danse resplendissante, et puis s’évaporer comme la rare averse sur le sable chaud de ce désert un jour rêvé. »