Dry Soil

Adrift

Dry Soil
Adrift
Date de sortie :
31 Jan 2025
Label :
Monolito Records
,
Lieu :
Madrid
(
Espagne
Espagne
)
Chronique
Photo
Flo
02 October 2025
Dry Soil
Adrift
Date de sortie :
31 Jan 2025
Label :
Monolito Records
,
Lieu :
Madrid
(
Espagne
Espagne
)

Conflagration aréique

Dans ce désert ibérique, je rôde. Le silence seul, ma compagne.

J’arrive au carrefour de ce qui fut jadis un champ. J’observe la pâle éclosion de la poussière. Un quatrième sol de labour aride a été griffé dans la peau desquamée d’un planète ocre - ocre de toute cette glaise régurgitée par des cavernes ensuquées de sécheresse, ocre de tout ce sang d’homme versé par son frère au fil de millénaires déments et oublieux de leurs propres massacres. De ce sol sale sarclé de souillures, rien ne pourra naître à nouveau. Il est trop tard. Dry Soil brille de son funeste éclat, et en guide omniscient, j’accompagne dans une insondable impuissance ses derniers délitements. Adrift, je dérive et le monde assoiffé n’en finit pas de craquer. 25 ans que j’observe et matraque les pesanteurs humaines. Tant d’années de combats vains, à implorer ces âmes torves de guérir ses terres niées. Éternité de souffrance.

Photo promo

Ce quatrième champ et mon plus sombre chant. Dry Soil. Ne l’ai-je pas abreuvé de mes plus puissants suppliques ? Mes larmes d’espoir n’y ont-elles pas tracé des sillons d’espoir, éphémères et immenses ? Avec l’acharnement de Sisyphe, j’ai hurlé aux aberrations du désert de nos consciences. J’ai noyé les rythmes de mes coups de serpe dans la flétrissure serpentante de nos fêlures. Mais le sol, essoré de toute joie, m’a été une fois de plus ravi. En un épuisante fil de six psaumes érigés dans mon propre désarroi, il s’est flétrit, a dépéri, s’est dépossédé de toute goutte d’ipséité. De cette masse morne et mortifère, que de beautés pourtant ! « Overload » résonne encore comme un sage sermont ouvrant le sale à venir - « Concrete » et ses étouffantes contractions, « Edge » et sa sourde splendeur d’orient voûté, « Restart » et ses psychédéliques psaumes prémonitoires d’où sortent des coeurs hallucinés, que les cris d’une goule assoiffée de vie rompt soudain. « Blood Kills the Soil » avait un avant-goût de chute, et dans sa raphaélique prophétie, ses tensions drainaient nos âmes. Enfin, « Bonfire » a annoncé dans une chuchotis distordu l’ultime cavalcade qui grandit, hennit, se tasse puis se perd dans un bruit endormi - le sol est mort dans un silence oppressant.

Dans cette sécheresse terrestre, je m’étend. Les grands psaumes se souviendront du dernier assèchement.