



Post In Paris - Jour 2
Baleine + Darieus + Karaba F.C + 20 Seconds Falling Man + Black Bile + A Burial At Sea + Fragile + Lite
Baleine
En prophétique colosse des eaux, Baleine ouvre un large sillon de rêverie dans le second chapitre du Post in Paris. Un math rock pigmenté de bossa-nova, d‘art rock et de montées crissantes en constituent le krill, sitôt dévoré par les fanons du trio avec une sincérité et un plaisir tout avoués.
Darius
Des murmurations aux vociférations, Darius garotte, tranche et estomaque. Les musiciens malmènent les rythmiques chenues du post-metal, les projetant dans une dimension d’effroi mordoré. Dans sa profonde capacité à incarner sa propre fureur, Darius tire toute la légitimité de son talent, en un live absolument foudroyant.
Karaba F.C
Une ambiance électrique a mené l’alliage de la scène punk et du désespoir emo dans la fosse à moshpits : Karaba F.C a su propager son immense énergie et sa passion féroce au public, dans un moment d’ardente union de sentiments, et jusqu’au bout des gesticulations.
20 Seconds Falling Man
Avant l’éclat funeste de la chute, le temps semble s’être distendu. Des failles béantes de l’aboutissement déferlent une hargne étouffante concassée par les cris, la stupeur, l'inertie. 20 Seconds Falling Man scande le requiem de l’Homme par l’Homme, et désagrège les frontières du rationnel.
Black Bile
Il coule dans le doom asymétrique de Black Bile une liturgie profane qui lui confère une beauté inouïe. Le charme de son romantisme presque gothique dissimule à peine ses vociférations sombres, et dans une scène embrumée de ténèbres, sa poésie désossée subjugue la foule.
A Burial At Sea
Les hymnes doux-amers de A Burial At Sea sont autant adressés à une humanité fébrile qu’à des landes natales dissimulées dans les mirages du rêve. L’éclat chaud de la trompette, ravivée par la polyrythmie humble et l’épique savamment dosé des crescendos post-rock, aboutissent à un moment magique - une ode a capella jetée droit dans nos cœurs.
Fragile
Un increvable élan soulève la partition de Fragile hors de la scène. Guidés par l’instinct d’un post-hardcore entetant, le charisme d’une voix, la force de mélodies belles et tristes à la fois, Fragile abandonne ses angoisses dans la fougue et la foule. Enivrant.
Lite
Alors que le crépuscule s'abat sur le Post in Paris, l’épaisseur de Lite fait une dernière fois résonner les paroies de l’antre. Les japonais, maîtres d’un math rock dont ils ont contribué à revitaliser la scène au milieu des années 2000, se muent en thaumaturges des rythmes métamorphes et des instrumentations saugrenues. Abondant d’une technique impeccablement mise au service d’un groove-fusion, c’est tout un esprit nippon qui sautille entre les partitions de Lite : une folie expérimentale imbibée de sagesse intemporelle. Et ainsi s’estompent les derniers artefacts sonores, au Post in Paris. Mille mercis.










































































