



Conjurer
+ Limbes
Floraison Funèbre
Du creux de mes mains, je laisse s’échapper les dernières fleurs qui ont fané sur mes souvenirs. Elles glissent, puis se dispersent sur la pierre humide. Entre ces pétales, je dépose une à une les bagues qui enlacent mes doigts et m’étranglent de leur mémoire. Elles seront cette partie de moi que je laisse veiller sur ce qui est devenu trop écrasant à porter. Je ne reviendrai plus avant d’avoir survécu.

Limbes
La lumière traverse une nef éventrée pour éclairer de ses rayons vifs la brume épaisse. Nous sommes baignés de gris quand Limbes perce l’opacité de ses rythmiques palpitantes. Ourlé de nappes fantomatiques comme un linceul, son cri nous transperce, délite nos murmures intérieurs en soupirs. Un tissu de vapeur distordue nous enveloppe quand sur sa guitare il s’agite. Entre langueur âpre et férocité délicate, l’ange et ses démons chantent à l’unisson.
Conjurer
Le calme est bien vite suspendu, pendu haut et court sur une scène désormais noyée d'un rouge éclatant. Ses bourreaux écarlates déferlent sur nous dans une tempête de stridence et de rocailles. Conjurer ne nous laisse aucun répit et délivre son dernier album, Unself, dans une véhémence galvanisante. Nous restons suspendus aux vociférations flamboyantes de ses deux vocalistes. Leur capacité à exprimer toute la complexité émotionnelle de ce dernier album est d’une beauté tétanisante. On s’abandonne dans la forte étreinte procurée, dont la fragilité partagée est si nécessaire et accueillie à bras ouverts.
















