



il n'y a pas d'ailleurs
trait d'union
10 January 2026
Dancefloor amer
Dans la nuit, la ville rose se teinte de gris. Et pendant que le béton brutal se coiffe d’un brouillard poisseux, je m’oublie. Silhouette floue dans la flaque du coin de la rue, insomniaque d’avoir trop bu. J’ai la tête dans les nuages et je suffoque. Le ciel, trop bas, m’écrase le long des trottoirs livides. Le temps est long, à chercher le fond de la nuit pour solution. Objectif canette tiède sur dancefloor amer.
Ici, tout va mal.
Album à l’ambiance cafard-cauchemar, il n’y a pas d’ailleurs brille par son pessimisme aveuglant. Une fête couleur défaite, aux mélodies dansantes et aux textures inquiétantes. Au cœur des ombres, trait d’union tend ses refrains comme des pièges : on s’y laisse prendre, volontairement, à scander la déprime avec une lucidité glaçante. C’est un hymne à la désillusion qui résonne comme dans un fond de canette vide, où l’avenir se piétine sur un dancefloor crasseux. C’est sale et délicieux, l’odeur du goudron qui danse au son des lumières fatiguées.
On titube jusqu’à chez nous, l’espoir noyé dans le caniveau,les genoux écorchés sur des morceaux de rêves pilés.
« hélas tous les jours se ressemblent
hélas la vie comme une danse
lever, travail, déprime, défonce
le lendemain tout recommence »

