Ascension

Mirar

Ascension
Mirar
Date de sortie :
16 Jan 2025
Label :
Autoproduit
,
Lieu :
Paris
(
France
France
)
Chronique
Photo
Flo
01 May 2025
Ascension
Mirar
Date de sortie :
16 Jan 2025
Label :
Autoproduit
,
Lieu :
Paris
(
France
France
)

Les cris des cordes, l’écrit discorde

Un créateur met toujours un peu de son âme dans son oeuvre. Parfois, il a la main lourde, et obsédé par le portrait de la créature enfantée, il s’oublie tout entier au dedans. Dans des hurlements stridents, le créant et le créé s’unissent, du sublime jusqu’à l’anéantissement.

Le cyber-luthier Mirar a fait un saut temporel depuis le classique XVIIème siècle pour donner quelques coups de rabot décisifs à son premier grand instrument : Ascension. Sous sa taxinomie liturgique, le son produit par ce précieux assemblage s’avère tout aussi grandiloquent. Ornementée des fastes motifs de la musique baroque (on pense à Bach, à l‘évidence), sur lesquels ont été coulées les plus féroces rythmiques du Djent, cette partition lyrique s’avère aussi passionnante que clivante.

Les artisans, Marius Elfstedt et Léo Watremez, rendent hommage au classique et à l’ancien en fondant un langage irrémédiablement singulier et neuf : utiliser la guitare dans ses plus extrêmes tiraillements grave-aigus (on dénomme ça le Thall) pour en faire une voix à part, un interprète central transfigurant chaque composition de ses solis d’opéra déstructuré. Bien qu’en reprenant les codes d’un Humanity’s Last Breath et d’un Vildhjarta avant lui, la place de la 7 cordes s’avère bien plus poussée que sur ces susnommés précurseurs et inspirateurs, car elle s’avère ici entièrement tournée vers une musique instrumentale.

Malgré cette gimmick du cri-acier poussé jusqu’à la pure maniaquerie, la progressivité ultra-condensée, le déluge d’aberrations mélodiques et de fioritures symphoniques rendent l’appropriation d’Ascension instantanément plaisante. Les incessants soubresauts de tempos, les multiples murs d’ambiances, les montées-descentes électrisantes et les sympathiques influences importées (Drum and Bass et Dubstep en toile de fond, prouvant là encore que Mirar est bien issu d’un syncrétisme hautement technologique) suffisent amplement à hypnotiser celui qui, contre les bourrasques de l’abstraction numérique tirées jusqu’aux frontières de la désincarnation, s’ouvre au dialecte proposé. Singulière ascension.