Restoration

Denominate

Restoration
Denominate
Date de sortie :
09 Jan 2026
Label :
Dusktone
,
Lieu :
Oulu
(
Finlande
Finlande
)
Chronique
Photo
Flo
24 January 2026
Restoration
Denominate
Date de sortie :
09 Jan 2026
Label :
Dusktone
,
Lieu :
Oulu
(
Finlande
Finlande
)

La fièvre en héritage

J’ai laissé infuser mes vies antérieures dans ce qui constitue, aujourd’hui, la version la plus aboutie de mon édifice personnel. Il n’y aura de temps ni pour dénommer, ni pour contempler tout ce qui a été reconstruit. Seulement pour vibrer.

La réflectivité de certains cristaux métalliques est si concentrée qu’il faut, pour en sonder le cœur, les décortiquer avec le plus grand soin. Sur ce troisième éclat, les finlandais de Denominate réaffirment leur amour sans faille, protéiforme et généreux, pour un arc du Death Metal alliant la déflagration progressive et offensive aux envolées atmosphériques et lyriques. Des débuts plus convulsifs et racés de Those Who Beheld the End (2016), il ne reste que les rondeurs mélodiques qui, entraînantes voire épiques, éloignent les influences du Dieu Death ou de la scène brutal death américaine pour les rapprocher d’icônes contemporaines telles que Obscura. Le riffing intriqué des titres, suffisamment amples pour laisser plusieurs strates d'ambiances s’entrelacer chacune leur tour, et les mélodies de certaines guitares, brillantes ici, rappellera massivement la formation de Steffen Kummerer - on peut aussi nettement penser à Alkaloid, dans cette capacité moins technique et plus progressive à asseoir ses idées.

Photo promo

Les vertus des sages ne s’arrêtent pas là car, sur les six titres variés qui composent Restoration, tous possèdent à la fois leur homogénéité et leur transparence tutélaire : le chant clair rappelle celui de Morean d’Alkaloid (sur « Husk » notamment), tandis que certaines franges ruissellent du Opeth à pleins poumons (le pont acoustique sur « Liminal »), et que d’autres sont un évident psaume adressé à Gojira (la partition de tapping et les mélodies qui encerclent l’émotionnel « The Cistern »).

Il ne faut cependant pas résumer l’album a un simple agrégat de maîtres-penseurs : Denominate sait également faire briller les facettes affutées de sa propre composition biochimique qui, lorsqu’elle s’avère ample, féroce et véloce (l’ardent « The Loathe Process » ou l’incroyable spectre émotionnel de « Restoration »), forcent le respect. C’est dans ces moments, où convulsent les dernières strates d’un death écrasant et rapide face à l’assaut répété d’une tornade de passion poétique et amère, que Denominate se fait soi, et incarne sa propre musique : une musique de passion, évidente mais jamais ornementale.